STEVEN BERNAS PEKIN DEC 2010
PHOTO-VIDEO ARTIST
IN TACTILE TERRITORY
STEVEN BERNAS PEKIN DEC 2010
PHOTO-VIDEO ARTIST
IN TACTILE TERRITORY
Paupières sensibles
-série de photographies paupières sensibles format :110x90
-oeuvre de vidéoart
paupières insensibles # 3xg3 13 mn
Nos expériences sensibles sont diverses. Le sensoriel est l’espace d’appréhension du monde. Dans ces photographies en 110 par 90 cm d’une série de plus de 20 images, je photographie avant de voir, je photographie à l’instinct avant de savoir, je suis ailleurs avec mon monde et l’invisible m’habite. C’est le geste qui parle, qui me pousse à entrer dans l’idée d’image. C’est le tactile qui m’aide à voir. Je ne me mets pas à penser mais à sentir mon aveuglement au sensitif. Du coup je découvre des perceptions autres. Cela me libère.
Les images n’ont jamais eu la force de refuser d’être dirigées vers la représentation ou vers un ordre du tout dire que je réfute. Le tout taire et le tout dire dilapident la vie. Je veux la transparence de l’air, la profondeur des mondes visibles que je perçois. Mes images ont un lien de parenté avec l’urgence du geste pictural qui m’habite. Il n’y a dans ces images ni message ni discours. Je suis poète, les mots je les connais aussi c’est pourquoi je suis insensible à l’insensibilité où l’on nous a éduqués. A nous de ne pas contrôler nos perceptions visuelles dans la réception de cette série intitulée Paupières sensibles dont une des trois œuvres vidéo accompagne ce déploiement spatial minimal. Cette œuvre est intitulée paupières insensibles #2xg3. Ce titre évoque la fragilité des paupières, de la vue et de la relation humaine où « les miroirs feraient bien de réfléchir davantage ».
Steven Bernas
La photographie cache plus qu’elle ne montre. Le masque objectif couvre l’œil du cyclope l’espace d’une ronde obtuse. Le monde
en suspens bascule de l’autre côté du miroir le temps d’une prise. Impatience de la photographie, à l’image même de sa définition. Elle nous fait signe dans un champ de signification étendue et
complexe. Son immédiateté et sa proximité lui confèrent une place particulière parmi les arts visuels. A la fois procédé technique, pratique sociale, medium, véhicule, art, matière, illusion, le
même nom de photographie désigne les différentes postures. […] Chaque image proposée ici émane d’une série, d’un en cours caractéristique de la puissance de création et nous emmène derrière le
miroir. Nous partageons une réalité subjective. Nous sommes de part et d’autres d’un rideau cachant un corps-image. Arpenteur de l’invisible, on nous entraîne au cours d’une geste photographique
vers des images, jusqu’à elles puis à travers elles ? Et aussi entre elles. L’acte photographique propose ici un arrêt, un retour en soi, et pose une énigme. […] Nous découvrons un autre
espace, entre image réelle et image mentale, au pivot de l’image et de la pensée.
Pierre Gaudin Paris 1998
EXPERIENCES SENSIBLES
La photographie ne peut jamais être « abstraite » puisqu’elle est toujours l’image de quelque chose qui existe. Personne n’a jamais découvert un truc pour photographier ses idées. Ce « spirituel dans l’art » dont a parlé Kandinsky ne peut signifier rien d’autre qu’une exploration de formes imaginaires qui doivent posséder quelque part dans le monde leur matière visible. Dans le réel, il ne peut y avoir de matière sans forme ni de forme sans matière.
La photographie a la vertu de nous rappeler qu’en peinture non plus il ne peut y avoir d’abstrait, mais seulement transmission d’une matière à une autre. En regardant autour de nous on pourra toujours y trouver quelque forme et couleur que ce soit. Lorsque nous feuilletons le livre de Ernst Haeckel, les Formes de l’Art dans la Nature, nous réalisons quel délire serait de vouloir rivaliser avec le Bon Dieu pour ce qui est d’inventer des formes. Notre imagination ne saurait jamais le rattraper.
Ce que nous qualifions d’abstrait c’est ce sur quoi nous ne pouvons mettre de mots. Nous avons une regrettable propension à croire que ce que nous ne pouvons nommer (dans notre langue) n’existe pas.
Or nous sommes plongés dans une immensité foisonnante de réalités visuelles qui nous débordent. Le pouvoir de l’artiste n’est pas d’en inventer de nouvelles mais de choisir un univers en les découvrant, les triant, les suscitant, par le choix des angles, des distances, des optiques, des manières de regarder. La photographie, en économisant l’intermédiaire manuel, ce qui n’est pas un bien, compense en décapant ce qu’est la vérité ultime de la création.
A travers les formes et les couleurs surgies de l’infinie liberté du monde, l’artiste nous étonne en choisissant son propre monde. Sans en inventer de nouvelles, il peut faire surgir des formes inattendues en travaillant les reflets, les matières, toutes les façons d’apparaître de la lumière. A chaque fois que la nature réagit, elle lui apporte ce qu’il n’attendait pas, ce qu’il n’avait jamais vu mais ce qui était déjà là, en puissance, dans le réel.
Dans les œuvres de Bernas, Lantéri et Umhauer, ce potentiel de la nature, cette puissance encore endormie est symbolisée par le fond noir, qui peut être celui du ciel ou celui du profond des eaux, ou celui des dessous de la terre, comme on voudra.
Dans l’espace noir de Steven Bernas, les formes surgissent comme des phénomènes électriques, sillonnant, se nouant ou s’étendant en nappes lumineuses. Formes rapides, formes violentes et soudaines, elles paraissent jaillir de leur propre intensité. Leur milieu est un ciel comme celui des orages.
L’univers de Bernard Lantéri est habité de formes qui montent du fond en s’épanouissant. Leur visage de corolles vient à la rencontre du nôtre. Le feu et les fleurs s’y transforment l’un dans l’autre. Leur surgissement s’arrête juste au point où ces masses se volatiliseraient en explosion de lumière. Ayant perdu toute pesanteur elles flottent comme des méduses dans les fonds indéfinis de la mer.
Chez Olivier Umhauer des êtres qui échappent à tout vocabulaire sont en cours de condensation. Ils tendent à se fermer, pour se former, sur eux-mêmes mais selon des volumes impossibles, tels ceux d’une bouteille de Moebius. Cette matière qui se tord sur elle-même pour se trouver est une sorte de cuir à la fois très souple et très solide. Au fond de la terre noire nous assistons à la germination des monstres.
Jean-Claude Lemagny 10 février 2009
Exposition de photographies
du 4 au 14 Mars 2009
Expériences sensibles
Steven Bernas- Bernard lantéri-Olivier Umhauer
Vernissage le 4 mars 2009 18h
aCTUEL'art/lagalerie
27 rue de la Forge Royale 75 011 Oaris
métro Faidherbe-Chaligny
actuelart@club-internet.fr
ouverture du mardi au samedi 15 à 19h
Entrée libre
Steven Bernas
Expositions (extraits)
Expositions collectives
1977 Sur Impressions Exposition d'arts groupés Nanterre Université
1977 Sur Impressions 20 photographies Nozay
1977 Sur Impressions 30 photographies. Ed. De l’Athanor, Paris
1977 Pour un nouveau regard, 40 photographies BNP Cergy-Pontoise
1978 Sur Impressions Exposition de groupe à l'Oeil du Diaph Agfa et Nikon
Revue Mise au point - Paris -
Sponsorisé pendant 7 ans par Agfa. Nombreuses expositions avec AGFA
1986 La suite du Havre, Université du Havre.
1988 Images d’Eux, Salle Procréart Paris
1990 Mode innocence Université du Havre
1992 Le Souci de Soi- - photo - Musée ADZAK- Paris.
1992 Mode innocence, Conflans St Honorine. Centre culturel Signoret
1992 Entrée en scène- Exposition de groupe du 01/10/1992 au 15/02/1993 -4O photos N & B + installation couleur et duratrans, Abbaye de Maubuisson, puis Centre Culturel de Taverny 1993 et Culturel de Beaumont - Exposition sponsorisée par le Conseil Général du Val d'Oise-
1993Le Souci de soi, Photographie. Exposition de groupe.. Creil. Photo folies.
1993 Espaces habités Exposition de photographies
Musée ADZAK- Paris.
1994 Peinture, pastels - Festival d'Art contemporain en Val d'Oise -
Taverny : du 1 au 24 Avril.
1994 Toiles libres
Invité d'honneur à St leu d'Esserent -Nov 1994 -
1994 Bibliothèque Nationale -
Galerie Colbert du 15 oct. 1994 au 15 Janvier.
1995 Muestra Universitaria de fotographia contemporanea-
Bogota- Colombie Le Souci de Soi. (Mars)
1995 La Mémoire immédiate -
photographies et installations sur 500 m² -
Saint-Benoît du Sault ( Indre ) juillet-août.
1995 Galerie BSMD Art Le souci de Soi. (Avril).
1995 Deuxième Ballade pour 10 artistes de Saint Ouen l'Aumône - Peintures.
1995 Le Protocole d'Azur - Installation photographique. sur 100 m²- C.A.C. Creil .
1996 Centre Matisse Photofolies: Peintures et photos Territoires de rêve.. territoires imaginaires-
Groupe Bleu pluriel 7-15 septembre.
1996 Souci de soi, Autour des Rencontres Arles - Galerie la Rose des Vents : Vincent Van Gogh : les réponses de la modernité photographique.
1997 Image du bleu de soi Groupe Bleu Pluriel Creil Juin 1997
1997 Transparences - photographie et peinture. La Faïencerie. Creil Oct-Nov.
1998 L’usage des plaisirs Mois-Off de la photographie. Paris.
1999 Entrée en scène- Exposition de groupe du 01/10/1992 au 15/02/1993 -4O photos N & B + installation couleur en duratrans- Exposition sponsorisée par le conseil Général du Val d’Oise. Abbaye de Maubuisson, Saint Ouen l’Aumône, Nantes.
2000 Photographies et installations, video. La cour Vieille. Exposition d’art contemporain. Bourgogne.
2003 Fin de l’intime, Biennale de Nancy
2003 La perte de la faculté d’aimer, Biennale de Liège, Vidéo-art.
2004 Fin de l’intime, Les étés de la photographie, Galerie Stimultania.
2004 Ouverture des ateliers d’artistes de Strasbourg. Galerie Stimultania.
2004 Photographies installation vidéo, de Strasbourg. Galerie Stimultania.
2004 Sacré contemporain. MJC Les 3 Maisons Nancy Vidéo et photo, Installation. Diffusiondes Pieds de l’ange 2004 et d’une seule bombe 2004.
2005 Ouverture des ateliers d’artistes Nancy 54
2005 Le Siècle des Lumières, Les failles du Sacré, Place d’alliance, Nancy. Juillet-sept.
2009 Expériences sensibles actuel' art Galerie Mars 2009
2009 Vidéoart - Galerie Alain Oudin
Mai-juillet 2009
Expériences sensibles Alambra Marseille Novembre-décembre 2009
Expositions individuelles
1978 Pour un nouveau regard- Bibliothèque Municipale Cergy-Pontoise
Pour un nouveau regard Delta-phi- Dijon Daporama La pluie des Songes.
1978 Sur Impressions exposition organisée par l’ambassade de France au Maroc Rabat, Maroc.
1978 Sur Impressions exposition organisée par l’ambassade de France au Maroc Tétouan, Maroc.
1979 Sur Impressions exposition organisée par l’ambassade de France au Maroc Tétouan, Maroc.
1978 Sur Impressions exposition organisée par l’ambassade de France au Maroc, Marrakech, Maroc.
1978 Sur Impressions exposition organisée par l’ambassade de France au Maroc Fès, Maroc.
1979 Sur Impressions exposition organisée par l’ambassade de France au Maroc et AGFA-GEVAERT France, Rosny
1979 Sur Impressions exposition organisée par l’ambassade de France au Maroc et AGFA-GEVAERT France, Parly II
1979 Sur Impressions exposition organisée par l’ambassade de France au Maroc et AGFA-GEVAERT France, Velisy
1979 Sur Impressions exposition organisée par l’ambassade de France au Maroc et AGFA-GEVAERT France, Rouen
1982 115 photographies de photogrammes d'après "! Que Viva Mexico!"
Maroc -AGFA-France et Ambassade de France, fédération Marocaine des Ciné-Clubs
1983 Diaporama, La pluie des songes, 48 images, musique JC Poirier Ina-GRM Rabat Maroc Centre Culturel Français
1986 Exposition intervention Beaux-arts du Havre.
1987 Photographies : Le corps de l'image I - (couleur et Noir & blanc)
et Surimpressions - Saint-Ouen l'Aumône. 95
1988 Le corps de l'Image - II. . Photographies Cergy-Pontoise 951989 L'ère du vide, Eragny 95
1989 Mode innocence Centre culturel d'Eragny 95
1990 115 photographies de photogrammes de "! Que Viva Mexico!"! CERGY
1990 Techniques mixtes- MJC Les Terrasses- Conflans St Honorine
1990 Peintures- Galerie Artès. Paris.
1990 Suite athénienne Peinture. BPRNP Saint Ouen l’Aumône
1991 Techniques mixtes Galerie Artes Paris Asca, Beauvais
1991 Images d'eux et L'Ere du vide - Photographies - Centre Culturel d'Eragny
1992 1 cm² de sentiment mitigé sur le monde - Peintures- pastels, collages- Asca de Beauvais.
1993 Pastels Galerie Artès
1993 Pastels, collages, œuvres en volume Espace Matisse - Creil
1994 Pastels. Galerie Artès Paris.
1994 Photographies : Le souci de Soi - Galerie La Rose des Vents -
25 ème anniversaire des RIP d'Arles
1994 Rétrospective Peinture à Sevran - Oct -
1995 Photographies : Archéologie et ethnologie dans l'Œuvre de S.M.
Eisenstein :! Que Viva Mexico!. Musée de l'Homme Paris.
Oct 1994 au 30 Janvier 1995 et à Beauvais en Février 1995,
soutenu par la DRAC PICARDIE et le Siècle du Cinéma.
1995 Le protocole d'Azur- Galerie BSMD-ARTS- Peintures et
photographies - Installations photographiques Décembre.
1996 Photographie : Espaces habités -La médiathèque - Les Mureaux
1996 Photographie : Le corps et son double. Mâle et femelle noir et blanc et couleur. Galerie La découverte. PARIS déc.1996
1998 Techniques mixtes. Musée de la Musique. Anduze.
1998 Photographie et installations L’usage des plaisirs -Mois-off de la photo. Paris.
1998 Exposition d'art contemporain Techniques mixtes-Anduze.
2002 Photographies et installations, peinture et art video 1 cm² de Sentiment. Mantes la Jolie.
2004 1cm² de sentiment. Photo, vidéo, installation
Galerie Stimultania. Strasbourg
2004 Photographies et installations, art video, dont installation 1 cm² de cynisme, diffusion : la femme qui dort, Mouth not shut, La perte de la faculté d’aimer, S’aimer un peu, MJC les Trois Maisons.
2005 Photographie, vidéo, peinture, Galerie BSMD art. Paris.
2006 Photographies, installation, vidéo. Espace Saint Louis Bar le Duc
Filmer le sensible et
toucher l’image
Si le sensible est ce qui peut être perçu par les sens, la sensation en art est souvent trahie par notre volonté de nous rassurer sur nos perceptions, leur infidélité singulière, notre peur de ne pas en croire nos yeux, tant l’évidence nous apparaît.
Nous nous méfions du sensible, de la sensation, du perçu, de l’intelligible et de la pensée. Le
sensible est ce qui apparaît égal par nos cinq sens dans l’indistinction du travail du perçu.
Qu’en est-il de l’art plastique, des arts de l’image et du son dans le travail du toucher? Peut-on envisager un texte tactile qui suggère le vivant, un acteur
touchant qui suggère le toucher du senti ? Voir l’image, lire un texte comme si on vivait la sensation du toucher, n'est-ce pas un leurre fondé sur le contrat de lecture dans la société de
spectacle?
PS : pour vous connecter à votre administration rendez-vous sur le portail des blogs overblog
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